
Ventilation, étanchéité et qualité de l’air intérieur : le triangle d’or
Nous passons en moyenne plus de 80% de notre temps dans des espaces clos et l’air y est en général 30 à 100 fois plus pollué qu’à l’extérieur. Cette forte pollution intérieure vient notamment du fait que dans les bâtiments, pollutions intérieures et extérieures s’ajoutent et peuvent même interagir pour former de nouveaux polluants.
La ventilation, un allié majeur pour une qualité de l’air intérieur
Quelle soit naturelle ou contrôlée (VMC : Ventilation Mécanique Contrôlée), une bonne ventilation des habitations est donc essentielle pour bénéficier d’une bonne qualité de son air domestique.
L’air neuf est apporté par les pièces à vivre (chambres, salon…) et l’air vicié doit sortir par les pièces à caractère humide (cuisine, salle de bain…). Cette condition est sans appel pour que la ventilation fonctionne correctement, et implique qu’aucun air parasite ne vienne perturber le flux traversant l’habitation. Ceci est d’autant plus important pour les VMC double flux où des fuites majeures peuvent être catastrophiques, créant en plus des pertes énergétiques considérables une différence de pression qui peut altérer considérablement le fonctionnement du réseau aéraulique.
Les risques sanitaires d’une mauvaise ventilation
Lorsque le renouvellement de l’air est perturbé, le bâtiment va connaitre une augmentation de la concentration de ces polluants, plus ou moins néfastes pour la santé selon leur nature. L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur a ainsi classé par groupe les multiples polluants intérieurs par priorité relatif à leur niveau de dangerosité. Par exemple formaldéhydes, radons et benzènes font partit des 7 polluants à caractère « hautement prioritaire » classé dans le groupe A.
Tabac, monoxyde de carbone (CO), CO2, oxydes d’azote (NOx), oxydes de soufre (SOx), COV (benzène, cétones...), aldéhydes… sont des composés chimiques que nous respirons tout les jours, issus en partie des processus de combustion (chauffage, circulation automobile, cigarette, industrie…) mais aussi des produits de construction, d'ameublement, de décoration, d'entretien ou de bricolage, utilisés en proportion importante dans les habitations sans réelle prise de conscience par les utilisateurs. Les champs électromagnétiques émis entre autres par les téléviseurs sont eux aussi classés parmi les polluants intérieurs « prioritaires » (groupe C), certaines plantes et animaux domestiques sont également source d’allergènes (pollen, acariens…), mais c’est l’humidité qui est la principale cause d’insalubrité en favorisant l’apparition de bio-contaminants et moisissures.
Des bâtiments étanches et ventilés
Par nos modes de vie ou simplement notre respiration, nous chargeons notre espace de vie d’humidité. En cas d’inétanchéités, l’humidité contenue dans l’air va passer à travers les fuites et se déposer sur ou à travers les parois par condensation, pouvant détériorer considérablement la structure du bâti. En passant à travers ces fuites, cet air se chargera aussi de poussières et polluants divers, en plus de la pollution atmosphérique venant de l’extérieur.
Une étanchéité à l’air de qualité couplée à une ventilation adéquate est donc une condition sine qua non pour connaitre une bonne qualité de son air intérieur. En l’absence de VMC au moins une ventilation naturelle est nécessaire, grâce aux différentes grilles d’aérations prévues pour cet usage, et couplée avec l’ouverture d’une fenêtre au moins dix minutes par jour.
Mais le meilleur moyen de respirer un air de qualité chez soi reste tout de même la prévention, suivi d’un changement des comportements, en privilégiant principalement l’utilisation de matériaux et de produits écologiques, dans une enveloppe isolée des pollutions extérieures et correctement ventilée.
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